Acteur dans «Kaamelott», co-auteur de «Off Prime» avec Virginie Efira, Simon Astier s’ajoute la casquette de réalisateur avec «Hero Corp». Une fiction qu’il a écrite sans contraintes ni calculs artistiques.
Fondée dans les années 80, Hero Corp est une agence de superhéros chargés de ramener la paix dans le monde. Mais quand les agents ne sont plus utiles, ils sont mis au rencart et se retrouvent “parqués” dans un village perdu de Lozère. Lorsque The Lord, le plus grand supervilain de l’histoire, refait surface et s’apprête à interrompre leur paisible retraite, tous doivent reprendre du service. «Le point départ de la série, c’est un sketch que nous avons fait avec Alban Lenoir, qui joue Klaus dans la série. On s’est dit que le meilleur moyen de s’amuser dans ce métier, c’était d’écrire nos propres histoires, et de commencer par ce qu’on aimait le plus : les superhéros», explique Simon Astier.
C’est avec Off Prime que Simon Astier commence à travailler avec Jean-Yves Robin (producteur de Camera Café), le patron de Calt Production. Sous l’impulsion de ce dernier naît l’idée d’une série. «Nous avons tourné des pilotes de 3 minutes 30 et nous les avons proposés à Comédie !. La chaîne a été séduite et nous a demandé d’en faire un programme avec des épisodes de 26 minutes.», poursuit Simon Astier. Si la série est réalisée avec peu de moyens par Astier lui-même, elle trouve quand même une identité forte et un style particulier qui correspondent bien à son auteur et à sa famille.
Héros de séries US en Lozère
«J’ai simplement voulu écrire quelque chose qui me ressemble pleinement en mixant mes souvenirs d’enfance en Lozère et les séries US que j’aime voir aujourd’hui». Comme son frère Alexandre avec Kaamelott, Simon Astier et son équipe de tournage investissent la Lozère dont il extrait toutes les saveurs : «nous étions comme à la maison. Le tournage de Hero Corp s’apparentait plus à une réunion de famille qu’a un travail. Le fait d’être ici et de ne pas avoir beaucoup de moyens était émulateur et vecteur de solidarité».
Ce qui étonne en voyant Hero Corp, c’est cet équilibre entre culture française et tradition viscéralement ancrée dans l’univers des héros de comics et du cinéma américain : «J’ai grandi avec des parents comédiens qui travaillent dans le théâtre subventionné, donc j’ai baigné dans un univers d’auteurs classiques un peu inconnus. Mais j’ai aussi grandi avec des films américains. Je fais partie de la génération Ghostbusters ou encore Batman, mon premier souvenir de cinéma…»
On reproche de plus en plus fréquemment à la fiction française, en pleine mutation, de trop copier ou d’imiter les série US (Hôpital vs Grey’s Anatomy, R.I.S vs Les Experts ou Enquêtes criminelles vs New York section criminelle). Avec Hero Corp, Simon Astier démontre qu’il est possible d’assimiler la culture cathodique américaine sans pour autant la plagier et encore moins renoncer à ses racines.
Source : Télécâble Sat Hebdo recueillit par Cédric Melon